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Roman 2026 Ombres secrètes Les Noms Effacés Les silences d'Etats

Roman 2026 Ombres secrètes Les Noms Effacés Les silences d'Etats
 

Chapitre 2 — L’imprudence

La porte cède sans prévenir.

Un battant claque.
Un choc sec.
Puis le silence.

François Le Goff s’immobilise sur le seuil.
Janine, derrière lui, avance. Aucun recul.

Dans la pièce, Roselyne et Hans s’écartent trop vite.
Un geste brisé.
Une distance reconstruite.
Trop tard.

L’air se charge.
Lourd. Irrévocable.

François scrute.
Rien n’échappe :
épaules figées,
souffle heurté,
regard fuyant de Hans.

Janine pénètre.
Pas régulier. Regard dur.

— Je dérange ?

Aucune réponse.
Seulement des corps qui se réajustent.

Roselyne esquisse un sourire.
Miné. Calculé.

— Nous parlions…

— De quoi ? coupe Janine.

Le mot tranche.
Calme. Tranchant.

Hans détourne les yeux.
Erreur.

François avance.
Un pas suffit. L’espace se referme.

— Vous exercez la médecine ?

Hans hoche la tête.
Trop vite.

— Oui… médecin.

Le français accroche.
François note. Classe.

Il bascule :

— Woher kommen Sie genau ?

Hans se fige.
Une seconde en trop.

— Aus dem Norden…

L’accent trahit.
Pas un vague nord. Une terre précise.

François incline la tête.

— Baltique. Poméranie… ou plus à l’ouest ?

Silence.
Mais ce silence confirme.

Une donnée surgit.

Janine, de son côté, encercle Roselyne.
Lentement. Regard fixe.

— Depuis combien de temps pratiquez-vous ?

— Peu… diplôme récent.

— Déjà ?

Pause brève.

— J’assiste des accouchements dans la région.
Venez. Observez. Participez.

Roselyne acquiesce.

— Avec plaisir.

Janine réduit encore la distance.

— Et la mortalité ?

Le mot frappe.

Roselyne vacille.
À peine.

— Elle… survient.

— Où ?

Silence.

— Ici ? Ou ailleurs ?

Les lèvres se serrent.

— Les cas diffèrent.

Vide.

Janine poursuit :

— Vos parents pratiquent aussi ?

Hésitation. Brève. Visible.

— Ils vivent loin.

— Où ?

Un battement.
Un de trop.

Janine conclut, douce en apparence :

— Vous ne ressemblez pas à vos sœurs.

Le silence se fige.
Compact.

Une faille surgit.

François revient vers Hans.
Proche. Trop proche.

— Depuis quand séjournez-vous ici ?

— Peu de temps.

— Affectation ? Mission ? Repli ?

Hésitation.

— Circonstances… complexes.

Le regard de François se durcit.

— Rien de complexe. Seulement caché.

Un battement.

Hans murmure :

— Je doute de la durée… pour maintenir cela…

Il se coupe.

Trop tard.

Le sens a glissé.

Dehors, le vent monte.

Dedans, les lignes cèdent.

Roselyne recule.
Hans évite chaque regard.
Janine engrange.
François assemble.

Aucune explosion.

Mais une fissure s’étend.

Invisible pour certains.
Criante pour d’autres.

Une certitude s’impose :

ce moment ne relève pas d’une faute isolée,
mais d’un agencement actif,
d’un réseau latent.

Le premier voile tombe.

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