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Ombres secrètes sombres /la première guerre mondiale Martinique 1914/1918/ Les poilus

 Ombres secrètes sombres /la première guerre mondiale Martinique 1914/1918/ Les poilus

 

 

La période de la Première Guerre mondiale constitue un moment charnière pour l'assimilation des colonies françaises, notamment en Martinique. Durant ce conflit mondial, l'attachement de la Martinique à la France, désignée comme la « mère-patrie », se manifeste avec force. La mise en œuvre de la conscription en 1913 permet aux populations des colonies de prouver leur loyauté envers la métropole.

Cette loi, qui symbolise l'engagement des citoyens à travers le « paiement de l’impôt du sang », marque un tournant significatif. Après des années de débats, les jeunes hommes des colonies sont enfin autorisés à rejoindre les rangs de l'armée française. Initialement, les soldats créoles sont accueillis avec scepticisme par la hiérarchie militaire, jugés inaptes pour le combat en raison de préjugés sur leur condition physique.

Cependant, face à l'intensification du conflit qui s'éternise bien au-delà des prévisions initiales, la France se tourne vers ses colonies pour renforcer ses effectifs. Les campagnes de recrutement s'intensifient en 1915, et de nombreux Martiniquais sont désireux de participer aux combats en Europe. Le Conseil général et les maires martiniquais soutiennent majoritairement cette assimilation.

La participation à la guerre devient l'occasion de revendiquer l'égalité des droits, une aspiration née à l'époque de l'esclavage. Les antimilitaristes, souvent socialistes, sont vivement critiqués. Au total, 9 000 soldats martiniquais sont envoyés sur le front européen, dont 2 000 périssent.

Simultanément, la Martinique subit des bouleversements économiques. La rareté des produits de consommation quotidienne entraîne un appauvrissement de la population, tandis que l'industrie sucrière se modernise pour répondre aux besoins des troupes. Cette période de mutation, marquée par l'essor du prolétariat industriel, reste toutefois largement méconnue.

« Ce n'est pas la guerre qui est difficile, c'est le retour. » — L'un des poilus martiniquais.

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