/image%2F7187357%2F20260220%2Fob_d9d5a8_14.png)
Les naufrages à Roscanvel - poème en voix croisées
Sur la pointe où le vent se raconte en écume,
la mer dépose des pièces d’argent et des regrets.
Roscanvel écoute, attentive, les mains dans les filets de l’aurore,
et chaque vague devient une voix qui chuchote un nom.
Les quais respirent en mosaïque de gestes:
un marchand qui compte les leakies du monde,
une mère qui serre son enfant contre le sel,
un vieil homme qui lit les cartes comme des prières.
Tout parle, tout se souvient, tout attend une houle précise.
Dans le goulet, le temps se retired et se déploie:
un roulis de promesses, l’éclat d’une cargaison,
la rumeur d’un pacte entre hardiesse et survie.
Les épaves deviennent des totems, des liturgies de bois et d’étoupe.
Et la mer, capriceuse, offre et reprend:
une coque passée sur le rivage, un manteau de dune,
des pièces qui brillent sous le soleil, des yeux qui cherchent
ce qui peut naître d’un silence après la tempête.
On parle des jours où l’or tombe des vagues comme des fruits mûrs,
des nuits où les étoiles tremblent au-dessus des mâts cassés.
Chacun apporte sa part de lumière: une lampe, un morceau de voile,
une chanson qui retombe en douceur sur les pierres humides.
Puis vient le temps des revisites, des souvenirs qui se refont:
les noms gravés dans l’écume, les vies qui se tissent à nouveau,
et l’idée, fragile comme le sel, que la fortune est un partage fragile—
un équilibre entre le risque, la mémoire et la faim d’avenir.
Et quand le vent retombe, l’horizon se fait mémoire:
le rivage se souvient, le village respire, les voix se reposent,
et la mer, généreuse et terrible, continue de parler
à ceux qui savent écouter, au bord des silences.
Citation cousue à la fin:
« Nous sommes des voiles en respiration, et la côte notre cœur qui bat au rythme des vagues. »