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La mer, ce soir-là, semblait respirer comme une bête blessée. Chaque vague, lourde et lente, s’écrasait contre les falaises avec la gravité d’un secret trop longtemps retenu. Le vent, chargé d’embruns et de sel, glissait entre les rochers, chuchotant des mots que nul ne voulait entendre.
Sous la lueur vacillante d’un ciel d’ardoise, la lande s’étendait, vaste et silencieuse, ponctuée de pierres dressées comme des sentinelles oubliées. L’air vibrait d’une tension invisible, une attente sourde, presque palpable. Dans ce décor figé, tout semblait suspendu, le temps, la mémoire, la vérité.
Un cri, soudain, fendit la nuit. Bref, étouffé, avalé aussitôt par le tumulte des vagues. Puis, plus rien. Seul le ressac, obstiné, reprit son chant funèbre.
Au loin, une lumière vacilla, puis s’éteignit. Et dans le silence revenu, un murmure s’éleva, si ténu qu’il semblait venir de la terre elle-même : « Le passé ne dort jamais. »
Alors, une ombre bougea dans l'obscurité.